Geisha

J'ai longtemps repoussé cette lecture. Moi, l'amoureuse du Japon, qui y ai même passé mon voyage de noces, j'avais tellement peur d'être déçue par un roman américain, par un style ne se prêtant pas à la délicatesse du monde des fleurs et des saules. Mais quand j'ai finalement sauté le pas, j'ai été tout simplement transportée à Gion. Je suis devenue Chiyo, timide mais déterminée, j'ai détesté Hatsumomo avec elle, j'ai angoissé face à Mère et Granny, j'ai prié pour croiser le "Chairman" au détour d'une rue... Vous l'aurez compris, j'ai aimé ce roman ! Je ne me suis ennuyée à aucun moment, au contraire, arriver au boulot le matin était devenu un vrai supplice dans la mesure où cela signifiait devoir fermer mon livre pour au moins 4h (oui j'ai même profité de mes pauses déjeuner pour avancer !!!)

Arthur Golden nous offre un récit étonnant de détails sur la vie des Geishas, sur leurs codes et leurs traditions, mais aussi sur le ...

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Tess d'Urberville

Si Emile Zola avait été anglais, il aurait écrit Tess d'Urberville.

Moi la fan inconditionnelle du grand Emile, j'ai retrouvé sous la plume de Thomas Hardy tout ce qui me fait vibrer chez mon auteur fétiche. Une héroïne au destin tragique, tout à la fois si forte et si faible. Une peinture acérée de la société puritaine du XIXe siècle, des descriptions riches, tellement vivantes qu'on s'y croirait. Et surtout, la notion d'hérédité si chère à Zola, représentée ici par la filiation entre Tess et la vieille famille d'Urberville. Tous les choix de la jeune fille semblent découler en filigrane de la déchéance de ses ancêtres.

La vie de Tess sera marquée au fer rouge par l'injustice sociale. Injustice quant à son sexe, sa pauvreté et son manque de connaissance du monde. Elle, qui perçoit plus qu'elle ne pense, qui est l'image même de la pureté et de la droiture morale, va payer toute sa vie les fautes d'autres moins intègres qu'elle. Et cependant, malgré une furieuse envie d...

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Les Conversations

C'est l'histoire d'une vie, touchante, bouleversante, émouvante... je manque de qualificatifs en "ante" pour décrire la belle rencontre que je viens de vivre.

Le jour de l'enterrement de son mari, Magda s'isole de la foule des endeuillés qui se presse auprès d'elle pour se plonger dans ses souvenirs. Depuis sa plus tendre enfance et sa rencontre avec Prune, elle va remonter sous nos yeux le fil de sa vie.

Au premier abord, la narration peut sembler déstabilisante, Magda s'adressant tour à tour à son amie, son mari ou encore juste au lecteur, parfois changeant d'interlocuteur au sein même d'un paragraphe. Ce roman se lit comme une pensée, on devient Magda qui se remémore sa vie, on vit ses digressions, on entend ses pensées...

Malgré un début un peu en demi-teinte (j'ai eu du mal à accrocher, le délai imparti pour la critique Babelio m'a bien aidé à passer les premières pages !), j'ai été par la suite littéralement happée. La force d'Anna Lisbeth Marek réside à mo...

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Les morues

J'ai été réellement séduite par ce roman, je suis même à deux doigts de le classer dans mes coups de c½ur, il lui manque juste un petit je-ne-sais-quoi que je n'arrive pas à identifier pour le rendre exceptionnel. Malgré tout, Les morues ont été pour moi une charmante compagnie que j'ai quittée avec regret et un brin de nostalgie.

Titiou Lecoq nous offre ici un surprenant roman à plusieurs niveaux de lecture. En effet, on peut simplement s'intéresser à l'intrigue qui, malgré quelques ficelles un peu "faciles" n'en reste pas moins originale et bien menée. Mais le roman ne s'arrête pas là, bien au contraire. Cette intrigue élémentaire n'est qu'un prétexte à une série de réflexions sur notre société : Quelle est la place du couple dans la vie des femmes ? Comment concilier liberté, féminisme, sexe et amour ? Que signifie au fond "réussir sa vie" ? Doit-on toujours viser plus haut ? Qu'est-ce que la normalité, et au fond, existe-t-elle ? Au travers de leurs remises en questions, L...

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Touche pas à mes deux seins (Le Poulpe)

Touche pas à mes deux seins...

Je crois que ce titre est un meilleurs du Poulpe, le jeu de mot est bien trouvé et en parfaite adéquation avec l'histoire, avec les histoires même.

Quand le Pr Goffin, obstétricien reconnu mais méchant et vaniteux est assassiné, Gabriel Lecouvreur contrairement à son habitude ne se lance pas à la poursuite du meurtrier mais plutôt dans celle de ses souvenirs...

Winckler nous prouve une nouvelle fois qu'il a plus de talent pour la description de l'humain et du médical, que pour l'élaboration d'intrigues crédibles, mais on lui pardonne volontiers. Ce poulpe reste un roman agréable à lire, un peu différent des autres par son absence d'enquête de terrain, mais on y découvre avec plaisir la jeunesse de notre céphalopode préféré.

L'élégance du hérisson

Que dire ! Je suis déçue, déçue déçue par ce roman. J'ai bien failli l'abandonner en plein milieu d'ailleurs, mais j'avais tant entendu parler de ce "chef-d’½uvre" que tout de même, j'ai persisté jusqu'à la fin (fin prévisible à des kilomètres d'ailleurs !)

Le style est d'un pompeux hors du commun, les personnages d'un caricatural rarement vu (la gentille petite intelligente et mal aimée, la grande s½ur bobo, la mère dépressive, le voisin japonais tout droit sorti d'un exposé de CM2 sur son pays...) et l'intrigue est plate et absolument pas crédible.

Bref, un livre que je ne conseillerai pas !

Quand l'Empereur était un Dieu

Un roman au style épuré qui traite d'un sujet pourtant grave et méconnu : la déportation des ressortissants Japonais des États-Unis, pendant la seconde guerre mondiale.

Fiction inspirée de l'histoire familiale de l'auteure, on suit le parcours d'une famille d'origine japonaise au travers d'une guerre qui n'est pas la leur. Au lendemain de l'attaque de Pearl Harbor, leur tranquille vie californienne va basculer à jamais...

Ce qui est le plus poignant dans ce roman c'est son style d'une grande sobriété. Pas de sentimentalisme, pas d'apitoiement, juste une exposition brute de leur vie qui la rend d'autant plus bouleversante. C'est très japonais en fait.

Les dernières pages m'ont vraiment remué les tripes...

Adeline Mowbray

Impossible de lire Amélia Opie sans penser à son illustre contemporaine Jane Austen. En effet, l'époque et la société dépeintes par ces deux romancières y sont semblables. Mais même si au début du roman on pourrait être tenté de trouver une ressemblance entre Adeline Mowbray et l'Emma de Jane Austen, le parallèle ne tient pas la distance. En effet, là où Jane relate la vie "classique" des jeunes femmes du début du XIXe siècle, Amelia elle prend un parti beaucoup plus moderne où un féminisme balbutiant se heurte à la rigide moralité de l'époque. C'est un peu comme de passer du conte de fées à la tragédie grecque !

Belle et riche héritière, douce, intelligente et généreuse, l'avenir d'Adeline s'annonce des plus radieux. Mais à l'instar de sa mère, la jeune fille se passionne pour les études, notamment la philosophie, et une rencontre littéraire va bientôt bouleverser sa vie.

Rocambolesque, parfois un peu désor...

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Halte au nivellement par le bas

J'avais déjà entendu parler du massacre organisé sur les traductions du Club des Cinq - et avais entamé en conséquence un écumage en règle de toutes les brocantes et autres vides-greniers afin de pouvoir offrir les originaux à mes p'tits loups quand ils en auront l’âge - mais ce matin, j'ai subi un choc plus violent encore ! Au hasard d'une petite course dans le supermarché du coin, mes pas m'ont conduite au rayon littérature jeunesse. Nostalgique et curieuse, je jette un ½il, cherchant sur le présentoir de la bibliothèque verte les histoires qui ont construit il y a tant d'années mon amour des livres. Mais stupeur et tremblements, en lieu et place d'Alice Roy, des Six compagnons ou des Trois jeunes détectives j’ai trouvé Spiderman, Foot2Rue, One Piece et même Koh Lanta !?!? M'armant de tout mon courage j'ai feuilleté quelques-uns de c...

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L'auberge de la Jamaïque

De cette auteure – dont l’½uvre la plus connue est surement Rebecca – j’ai quasiment tout lu, mais mon préféré, celui qui me fait vibrer à chaque fois que je m’y replonge, c’est « L’auberge de la Jamaïque ». Surtout ne vous méprenez pas, point de tropiques ni de mer turquoise dans ce roman, la Jamaïque n’y apparait que dans le nom de l’auberge, située aux confins de la triste Cornouailles anglaise.

Orpheline, la jeune héroïne se voit confiée aux « bons soins » de sa tante Patience, la bien nommée ! Elle découvre alors l’auberge de la Jamaïque tenue par son oncle, et sa clientèle si particulière… Partagée entre la peur de cet oncle irascible et son affection pour sa tante, Mary va se laisser entrainer dans une histoire dangereuse dont son c½ur et sa conscience ne ressortiront pas indemne…

Daphne du Maurier est passée maître dans l’a...

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