Gatsby le magnifique

Je crois que je suis magnifiquement passée à côté du Grand Gatsby !

Pourtant l'histoire est bien construite et le style agréable, le contexte historique attrayant et la chute bien ficelée, quoi que prévisible. Cette plongée au c½ur des années folles avait sur le papier tout pour me plaire et malgré tout, je m'y suis profondément ennuyée. C'est une sensation étrange que de n'avoir pas été touchée par un roman alors qu'on s'attendait à être transpercée. Et d'autant plus quand on ne sait pas précisément pourquoi.

Je ne regrette tout de même pas ma lecture, un classique est un classique, et j'aime lire des classiques.

Au guet !

Avant de commencer, je dois vous confesser 2 choses :
    1.  Je n'aime pas la Science-Fiction
    2.  J'adore Terry Pratchett !

Je sais, c'est contradictoire. Mais que voulez-vous, il paraît que la contradiction fait partie du patrimoine génétique féminin (au même titre que la capacité à réaliser plusieurs taches simultanément ou celle de ne pas tourner de l'½il devant la couche pleine d'un nourrisson... encore que pour cette dernière assertion je ne sois pas certaine !)

Donc pour en revenir à nos drag... pardon, à nos moutons, malgré mon goût immodéré pour la littérature classique, je conviens volontiers que l'univers du Disque-Monde est complètement addictif. Et (une fois n'est pas coutume) le travail des traducteurs de cette série est tout simplement génial. Si ce n'est par leur humour tellement anglais que nul ne pourrait le confondre, on pourrait presque croire en lisant ces romans en VF que c'est leur langue ...

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Le fusil de chasse

Il est toujours difficile pour moi de commenter la littérature japonaise, tant celle-ci est à la fois délicate et percutante.

Un poème, une revue de chasse, des amours interdites, un serpent blanc... Je ne peux vous en dire plus sans dénaturer la poésie qui émane de ce court roman épistolaire (80 pages en format poche). Il vous faudra lire ce récit tout en pudeur pour découvrir les destins entrecroisés de Shoko, Midori et Saïko, ces trois femmes que tout oppose, réunies pourtant par un seul homme.

Ce fusil de chasse fut pour moi une jolie découverte.

Persuasion

J'ai retrouvé l'univers Austen, j'ai retrouvé le style Austen, j'ai (trop ?) retrouvé la trame Austen, mais il m'a manqué l'humour et le mordant Austen dans ce roman. Soyons simple, je n'ai pas été Persuadée par Persuasion !

Les personnages principaux sont trop caricaturaux - j'avais déjà eu cette impression dans Emma - alors que les personnages secondaires, comme les Croft, les Musgrove et même Wentworth lui-même, pourtant plus intéressants, ne sont pas assez développés. Les amours d'Anne ne m'ont pas fait frissonner comme celles de Lizzie ou d'Elinor, les manigances de M. Elliot m'ont paru plus évidentes que celles de Willoughby ou de Whikam, les défauts du caractère de Sir Walter m'ont laissée plus indifférentes que celles de M. Woodhouse ou de Fanny Dashwood.

A mon sens, le moins abouti des romans Austeniens. Je mets tout de même trois étoiles pour la plume toujours aussi agréable et l'univers pré-Victorien que j'affectionne...

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Le quatrième mur

Si le quatrième mur protège les acteurs de leur public, je n'ai moi pas trouvé le mur me protégeant de ce roman.

Je l'ai reçu telle une flèche en plein c½ur ! Aujourd'hui, j'ai l'impression de rentrer moi-même du Liban en guerre. Cela peut paraître prétentieux d'écrire ça depuis mon confortable canapé parisien, mais c'est vraiment mon ressenti. Le style de Sorj Chalandon est juste incroyable, à la fois percutant et poétique, tellement violent et pourtant si tendre. Je me suis sentie à la fois Georges, Imane et la petite Louise. A la fois Samuel et Marwan. Tous ces mondes qui se côtoient sans se comprendre, qui se déchirent sans se connaître, qui sans fin se vengent de vengeances... Quelle absurdité, quel immense gâchis.

J'ai profondément aimé ce livre, son absence de politiquement correct, de manichéisme. J'ai aimé me laisser porter par une histoire à la fois prévisible et tellement saisissante. Je suis devenue Georges, j'ai aimé sa fille comme la mienne, j'ai pleuré Im...

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Elle s'appelait Sarah

Un roman bouleversant.

Moi qui suis dure à émouvoir, j'ai plusieurs fois dû essuyer mes yeux humides. Les descriptions des horreurs liées à la Rafle, l'histoire de Michel... Rien que d'en parler j'en ai des frissons. Je ne peux m'empêcher de regarder mes enfants, si insouciants, si vivants. Les imaginer dans cette horreur sans nom me retourne l'estomac, et pourtant, combien d'enfants innocents comme eux ont subis ces atrocités...

Malgré un style sans saveur, j'ai été happée, touchée en plein c½ur par l'histoire de Sarah. On a beau connaître les pages les plus sombre de l'Histoire, s'y trouver confronté au travers de destinées individuelles, même fictives, vous prend aux tripes.
J'ai nettement moins accroché au récit de Julia. Je ne me suis pas attachée à cette femme fade, effacée, incapable de prendre une décision par elle même (son attitude face à son mari est pour moi parfaitement inenvisageable) Cependant le contrepied entre ces deux vies qui s’entremêlent ...

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Farenheit 451

J'ai à la fois adoré et détesté ce roman ! Impossible me direz vous ? Et bien pourtant si.

Je m'explique.

J'ai été profondément touchée par le côté visionnaire de cet univers futuriste. La société décrite par Bradbudy est une société du paraître, où donner l'impression d'être apprécié, riche ou heureux est plus important que le fait de l'être réellement. C'est également une société où être différent est une tare, où l'originalité est synonyme de terrorisme. Mais c'est surtout une societé imaginée il y a plus de 60 ans, et qui malgré tout ressemble à s'y méprendre à notre monde actuel. J'ai eu des frissons d'angoisse en réalisant à quel point la "famille" qui hante les murs de Mildred était proche de nos téléréalités actuelles. Les radio-dés, les "sports" extrêmes, la publicité omniprésente, la manipulation de l'information, l'abrutissement des foules par les médias... autant d'élucubrations en 1953 malheureusement si réelles de nos jours.

La jeune fille à la perle

Un bon roman ? C'est certain ! Un chef-d'½uvre ? Je ne crois pas...

Je viens d'achever ma lecture et mon avis n'est pas fixé sur ce point. En général quand je considère qu'un livre est un chef-d'½uvre, je n'hésite pas. Ce qui me perturbe ici, c'est surtout le style. Il est fluide certes, même agréable, mais pas recherché. Et un scénario aussi réussi soit-il, sans un texte brillant pour le soutenir, aura toujours du mal à devenir un chef d'½uvre à mes yeux. Mais n'allez pas vous méprendre, je le redis, le style n'est pas mauvais, contrairement à beaucoup de romans modernes que j'ai pu lire. Autre point troublant pour moi (mais pas négatif) c'est que j'ignorais jusqu'à présent tout du monde dans lequel évolue notre jeune fille à la perle, je ne peux donc affirmer que l'auteure, du fond de son XXe siècle est restée fidèle à l'esprit de la Hollande du XVIIe siècle.

Mais peu importe. J'ai pris un grand plaisir à étudier – dans la mesure de mes compétences artistiques ...

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Lolita

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme...

Sublime ou atroce, je ne saurais qualifier ce roman qui m'a pourtant touchée au plus profond. Je crois que je suis même incapable de dire si je l'ai aimé ou non. Une chose est sûre, Lolita est un roman dont on ne ressort pas indemne.

Glauque et poétique à la fois, dans un style taillé à la serpe – bien aiguisée, la serpe – et avec un niveau de langue plus que soutenu, Nabokov réussit L'Exploit de changer en art un texte qui aurait pu être sordide. Nulle description crue ici, juste des non-dits qui en disent long, qui laissent l'imagination du lecteur dessiner les contours d'une relation contre-sociale – j'allais écrire contre-nature, mais je n'en suis plus si sûre finalement. Dans certaines sociétés la sexualisation des fillettes est vue comme normale alors que l'homosexualité par exemple est considérée comme un péché. Qui à tort, qui à raison, c'est une bien ...

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Tous les matins du monde

Je ne sais pas trop comment amorcer cette critique. Je ne peux pas dire que j'ai été déçue par le texte, mais je sais que je suis passée à côté de la lecture. J'ai été séduite par le style, envoutant, presque musical, mais je n'ai pas su pénétrer (ou été pénétrée par) le roman.

L'univers de Monsieur de Sainte-Colombe n'est que musique. Depuis la mort de sa femme, dont il ne se remettra jamais, il compose, il joue de la musique, il pense en musique, il (lui) parle en musique, il vit et meurt par la musique. Il ignore tout le concret qui l'entoure, ses filles, ses élèves, même Guignotte qu'il aime pourtant bien. Et moi lectrice, je me suis sentie son égale (le chagrin en moins), rien des évènements ou des personnages ne m'a atteint, j'ai lu ce livre comme un fantôme, extérieure, inébranlée.

Pour me réconcilier avec le scenario, je me suis plongée dans le film qui d'après moult critiques en valait vraiment la peine. Et encore une fois, la magie n'a pas opérée. Seule la ...

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