Enid Blyton

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé les histoires et les livres. Mais s'il est un auteur qui a largement influencé cet amour, c'est bien Enid Blyton.

Mes premiers frissons de lectrice autonome, du haut de mes 3 pommes d'élève de CP, c'est elle qui me les as donnés. Combien d'heure ai-je pu passer avec Oui-Oui au pays de jouets ? Combien de plans de Maître Renard et Compère Loup ai-je déjoués aux côtés de Jojo lapin ? Ce sont eux qui m'ont transmis le virus de la livrophilie ! Virus résistant s'il en est, puisqu'il ne m'a plus quittée depuis lors.

En grandissant, je suis passée au formidable Club des Cinq. Combien  j'ai pu rêver de partir en vacances avec cette joyeuse bande, débrouillarde et ingénieuse. Il ne se passait pas une semaine, une journée peut-être, sans que je plonge avec délice dans une aventure de François, Claude, Mick, Annie et Dagobert. Encore aujourd'hui je garde un souvenir très clair de c...

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Charlotte

David.
David Foenkinos.
Un nom que j'avais toujours fui jusqu'alors.
Un auteur moderne, trop commercial pour moi.
Mais ma s½ur de c½ur m'a incité à lui donner sa chance.
Avec Charlotte.
Charlotte Salomon, Charlotte l'artiste.
J'ai toujours aimé les romans historiques.
J'ai toujours été fascinée par la seconde guerre mondiale.
Et surtout, je voue une confiance aveugle à ma Galounette d'amour.
(sauf quand elle parle de littérature de l'imaginaire :p ).
Alors j'ai ouvert Charlotte.
Et je l'ai dévoré.
Ou dévorée.

Ce roman est un étrange contraste.
A la fois sombre et lumineux.
Comme son héroïne.
Il fait mal, mais tout en douceur.
Il crie la douleur, en chuchotant.

Les phrases courtes sont comme une mélodie.
Une mélodie primale, lancinante.
Comme le bruit des vagues.
Comme les battements du c½ur.
On entend un soupir à chaque fin de ligne.
Le soupir de Charlotte...Lire la suite...

La clé de Salomon

Si vous cherchez un bon thriller, alors passez votre chemin ! Mais en revanche, si vous vous intéressez à la physique quantique, si ses mystères vous rendent perplexes, si vous pensez (comme moi) que la théorie quantique n'est qu'un premier pas vers beaucoup plus grand, alors foncez vite acheter "La clé de Salomon" !

D'après ses propres dires, l'auteur - que j'ai eu la chance de rencontrer grâce à Babelio - utilise la fiction pour faire passer de façon plus digeste et attractive des vérités scientifiques et historiques. L'intrigue ici ne sert donc que de faire valoir aux théories de José Rodrigues Dos Santos. Et heureusement. Parce que l'aventure de Tomás (prononcez Tomache, il est portugais !) n'est vraiment pas haletante (contrairement à ce qu'annonce la 4ème de couverture). Les ficelles sont évidentes, les rebondissements dignes d'un bon Club des 5 ! C'est d'autant plus énervant que Tomás, qui explique...

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La couleur du lait

Il arrive parfois, sans qu’on sache pourquoi, qu’un coup de génie vous frappe à l’improviste. C’est certainement ce qui est arrivé à Nell Leyshon quand elle a décidé d’écrire « La couleur du lait ». En effet, si sur le fond ce roman est bon, ce qui le rend exceptionnel c’est bien sa forme.

je m'appelle mary. M.A.R.Y. ceci est mon livre. je l'écris de ma propre main.

Mary n’est pas uniquement la narratrice de sa propre histoire, elle en est aussi la rédactrice. Et pour une jeune fille en plein apprentissage de la lecture, c’est une réelle prouesse. Absence de majuscules, langage parlé et syntaxe approximative, ce qui serait inadmissible dans la copie d’un élève de CM2 donne ici toute sa force au témoignage. L’auteur réussit à nous faire oublier sa présence au profit de Mary. Avec sa patte folle et son franc-parler, son grand c½ur et son bon sens, difficile de ne pas s’attacher à ...

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La renarde

Il était une fois, une petite fille qui rêvait devant la bibliothèque paternelle. Elle papillonnait devant tant d'invitations au voyage, mais toujours, une même couverture hypnotique retenait son attention : Une jeune fille rousse, à la fois sombre et sauvage, au regard perdu, accompagnée d'une renarde aussi rousse qu'elle. Qui était-elle ? Pourquoi semblait-elle si triste ? Des questions auxquelles son jeune âge (ou bien était-ce son père ?) n'autorisait pas de réponses.
Le temps passa, la petite fille devint une femme, ses lectures s'amoncelèrent, mais le regard perdu de la jeune fille rousse ne la quitta jamais, bien que le livre fut égaré, certainement au cours d'un déménagement. Alors quand un jour, sur les rayonnages discrets d'une petite librairie, leurs regards se croisèrent à nouveau...
La renarde est un roman méconnu et pourtant, il est digne des plus grands du genre. On trouve chez Hazel Woodus un mélange harmonieux de l'ingénuité de Tess d'...

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Les retranchées

Quel étrange roman que ces "Retranchées" !
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Et là, je sèche ! Une fois n'est pas coutume, je suis atteinte du syndrome de la "critique" blanche ! Depuis plusieurs jours, je tourne et retourne cette première phrase dans ma tête sans parvenir à en écrire plus... Et pourtant, je l'ai aimé ce livre, vraiment ! Oh, ce ne fut pas un coup de foudre non, mais il a su me séduire au long cours, tout en douceur, jusqu'à toucher le fond de mon âme. J'ai ressenti comme une sensation de douce torpeur, insidieuse... Une ambiance poisseuse qui colle à la peau... Et surtout, j'y ai trouvé des idées qui m'ont parues tellement exactes, tellement familières!

Là où je pensais trouver une "simple" saga familiale, j'ai découvert une vraie réflexion sur les conséquences à long terme d'un deuil mal réussi. Chaque trait de caractère des personnages découle directement de cette absence initiale qui s'éternise. La mort du capitaine Vernet semble tout engloutir autour d'el...

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A la grâce des hommes

C'est malin, je suis bouleversée maintenant ! Doublement bouleversée même, parce que j'ignorais avant de lire la note de l'auteur en fin de livre, que cette histoire était réelle. Agnes Magnusdottir est la dernière condamnée à mort de l'Histoire islandaise, en 1830 (près de 150 ans avant "notre" pull-over rouge français !)

Hannah Kent, l’australienne, a réalisé ici un titanesque travail d'investigation tant au sujet des meurtres d'Illugastadir que sur la vie quotidienne des fermiers Islandais du XIXe siècle. Elle aurait pu tomber dans l’excès en écrivant une description factuelle et dénuée d'âme, mais à l'inverse elle a su donner vie à son roman. Son style tout en finesse m'a particulièrement touchée. Les caractères notamment, décrits par petites touches, à la manière d'un tableau impressionniste, sont criants de vérité.
Le récit d'Agnes est poignant, alternant les phases sombres et les phases lumineuses, à l'image des saisons islandaises. La solitude, ...

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Au revoir là-haut

Eh bé, j'm'attendais pas à ça !!!

J'attendais du poignant, j'ai trouvé du burlesque. J'attendais la guerre, j'ai trouvé l'après-guerre. J’attendais des héros, j’ai trouvé des losers !!! Mais je n'ai pas été déçue (même si je pense que ce roman ne mérite pas les critiques dithyrambiques dont il fait l'objet), j’ai passé un bon moment de lecture.
Si le style n'a rien d'extraordinaire, il est fluide et agréable. Les destins se croisent et s’entremêlent comme dans un bon polar. Une dizaine de pages avant la fin, je ne voyais toujours pas comment l'auteur allait se sortir de ce bourbier, et je dois admettre qu'il ne s'en est pas trop mal tiré, même si j'aurais aimé une fin un peu moins morale. Je l'aimais bien moi, l'horrible Pradelle, peut-être même plus que je gentil Albert ! Je suis sûre qu'en grattant un peu (bon OK, il aurait peut-être fallut aller ju...

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Kinderzimmer

Kinderzimmer, la chambre des bébés. Un titre trompeur - et une couverture trompeuse aussi ! Sérieusement, d'où peut-bien sortir l'esprit dérangé qui a pondu cette illustration ?!(1)

Mais reprenons. Un titre, disais-je, insolemment trompeur, pour un roman incisif, coup de poing, qui fait mal à l'âme. Le style narratif est dépouillé. Les phrases courtes, souvent redondantes retranscrivent le rythme lancinant du camp, les sentiments qui s'engourdissent, se répètent, disparaissent pour revenir de plus belle, en une marée macabre. Incompréhension, peur, espoir, fatalisme... Tout comme les partitions de Mila transmettent des messages, les mots de Valentine chantent des sensations.

Plus qu'un roman à vrai dire, elle nous livre sans exagération, ni fausse pudeur, un véritable témoignage. Certains l'ont trouvé trash, il m'a paru vivant. Les descriptions acerbes des odeurs et des douleurs ramènent à la...

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Un c½ur fier

J'ai adoré la Pearl Buck "chinoise" durant mon adolescence, et je découvre aujourd'hui avec non moins de plaisir la Pearl Buck "américaine". A mon sens, si un prix Nobel a été mérité, c'est bien le sien ! Avec quel talent, quelle sensibilité, quelle justesse elle sait décrire la Femme, les Femmes !

Ce livre a résonné en moi comme les battements de mon c½ur. Je me suis coulée tellement naturellement dans la vie de Susan que j'ai partagé ses joies et ses douleurs, jusqu'à respirer son humeur dans mon quotidien. J'ai aimé et pleuré avec elle, comme elle...

Comme Susan, je me sens souvent incomprise, à l'écart de ce monde. Comme elle, je veux tout, mais je n'ai ni son optimisme à toute épreuve, ni sa simplicité d'âme, et encore moins son talent. Susan - et certainement aussi Pearl Buck, car on sent une forte inspiration autobiographique au travers de ce roman - représente mon idéal féminin. Douce et forte, sincèrement gentille, indépendante et fière, elle a pourtant un gra...

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