Fatherland

Et si Hitler avait gagné la guerre ?

C'est le parti pris que pose Robert Harris dans cet excellent roman.

Années 60. L'Europe est donc sous la coupe du National-Socialisme. L'Allemagne a englouti l'Alsace – comme de bien entendu –, le Luxembourg, et s'est étendue à l'Est jusqu'au fin fond de la Russie. Quant aux pays de l'Ouest européen, ils sont tous (mis à par la Suisse, éternelle banquière neutre) soumis à la politique étrangère du Führer. Seuls les Etats-Unis pourraient encore s'opposer à cette Union Européenne toute puissante, mais des rumeurs enflent sur les motivations du président Kennedy (surprise, ce n'est pas John Fitzgerald mais Joseph Patrick, son père qui gouverne les USA) qui vient d'annoncer sa visite à Berlin... Le postulat est à lui seul intéressant, mais le coup de gén...

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La ville dans le miroir

Si je devais résumer "La ville dans le miroir" en 1 mot, je dirais : Fastidieux !

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas autant ennuyée dans un roman. Et pourtant, le style est bon, les mots sont bien choisis, travaillés, souvent poétiques, mais non, ça ne suffit pas. A tel point que, contrairement à mes habitudes, je rédige aujourd'hui ce billet sans être parvenue au bout du livre.

L'auteur nous parle de sa vie à partir d'anecdotes sur son enfance, sur ses parents et même sur ses grands-parents, ses oncles ou ses cousins éloignés. La quatrième de couverture vantait une "chronique familiale et régionale dans les premières années de la Yougoslavie titiste, à la fois tendre, mélancolique et sans complaisance", je n'y ai trouvé que les souvenirs embrouillés d'un homme en mal de racines. Le régime communiste que j'espérai comprendre mieux n'est qu'à peine survolé ! Mis à part les noms, on pourrait transposer l'action en Bretagne, au Portugal ou en Polog...

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The Secret Dreamworld of a Shopaholic (t.1)

On commence à se connaître un peu vous et moi, alors il est temps que je vous fasse un aveu. Moi l'amatrice de grande littérature, moi l'exigeante du style, la snob de la lecture... *respire un grand coup*  Jesuisfandelaccrodushopping... Voilà, c'est dit.  Je suis fan de l'accro du shopping. C'est mon petit secret honteux ! Comme certaines pillent le pot de Nutella en cachette, moi j'ai lu l'intégrale (7 tomes à l'heure où j'écris ce billet) de "Shopaholic" en douce ! Et pour être honnête, j'adore ça !

Mais je crois que je n'assume pas ! Je les lis en anglais (pour me donner bonne conscience !) et en ebook (pas question de m'afficher dans le métro avec de la chick-lit !) Non vraiment, je n'assume pas !

Il est un...

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Dubliners

Depuis longtemps, je voulais m'attaquer au grand James. Mais son livre le plus connu – et reconnu – « Ulysses » étant quand même un bon gros pavé de plus de 1000 pages, j'avoue que le courage me manquait légèrement. Alors j'ai décidé de commencer plus light, avec « Dubliners », un recueil de nouvelles sur les habitants de cette capitale irlandaise que j'aime tant.

Quelle déception ! 

Certes je ne suis déjà pas très friande de nouvelles, mais ce recueil m'est littéralement tombé des mains. Mis à part l'écriture travaillée de Joyce (ou plus précisément de son traducteur, la VO m'ayant été inaccessible), je n'ai rien trouvé de positif dans ce que j'ai lu. Pour tout vous dire, je ne l'ai même pas terminé. Après 3 nouvelles auxquelles je n'ai trouvé aucune saveur, ma raison m'a dicté l'abandon. Et je peux vous dire que ça ne m'arrive vraiment pas souvent.

Alors aujourd'hui, la question que je me pose c'est : "Vais-je réuss...

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Moll Flanders

Je ne vais pas vous mentir, ce roman est dur à lire. Plus de 500 pages de vieil anglais, même traduit (tenter cette lecture en VO ne m'a pas effleuré l'esprit, et bien m'en a pris !), ça use un peu le cerveau ! Pourtant je suis plutôt à l'aise avec la langue française, mais j'ai dû relire certains passages plusieurs fois pour en saisir le sens. Entre tournures grammaticalement alambiquées et métaphores vieillies, ce texte d'une grande richesse l'est parfois justement un peu trop, riche !

Néanmoins, pendant ce temps, j'avais assez de ruse pour ne donner lieu le moins du monde à personne de la famille d'imaginer que j'entretinsse la moindre correspondance avec lui.

Quelle sorte de tranquillité, ceux-là le jugeront le mieux qui entendent comment des gens peuvent être tranquilles qui en assassinent d'autres pour échapper au danger.

Cette richesse de la forme se retrouve tout autant dans le cont...

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Chambre 2

Lorsque j'ai croisé Chambre 2, sur les étagères de ma bibliothèque, la couverture m'a fait tilt. Il me semblait bien que Saria avait fait un billet sur ce bouquin, et comme son avis est souvent gage de qualité, je me suis laissée tenter.

Je m'attendais à un énième roman sur la maternité, sur les difficultés périnatales que trop de mamans connaissent, sur ce qu'on appelle parfois le "mal de mère". Je m'attendais à me reconnaître dans les descriptions, à sourire en coin à l'évocation de ces moments difficiles qu'on oublie pourtant vite. Je m'attendais à être émue par des histoires plus dures, plus tristes.
Mais je ne m'attendais vraiment pas à ce que j'ai lu. Je ne m'attendais pas à être chamboulée par l'auxiliaire de puériculture, cette personne si précieuse et pourtant  transparente. Celle qui est là, pour nous, celle qu'on voit comme une "professionnelle", comme une sorte...

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Enid Blyton

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé les histoires et les livres. Mais s'il est un auteur qui a largement influencé cet amour, c'est bien Enid Blyton.

Mes premiers frissons de lectrice autonome, du haut de mes 3 pommes d'élève de CP, c'est elle qui me les as donnés. Combien d'heure ai-je pu passer avec Oui-Oui au pays de jouets ? Combien de plans de Maître Renard et Compère Loup ai-je déjoués aux côtés de Jojo lapin ? Ce sont eux qui m'ont transmis le virus de la livrophilie ! Virus résistant s'il en est, puisqu'il ne m'a plus quittée depuis lors.

En grandissant, je suis passée au formidable Club des Cinq. Combien  j'ai pu rêver de partir en vacances avec cette joyeuse bande, débrouillarde et ingénieuse. Il ne se passait pas une semaine, une journée peut-être, sans que je plonge avec délice dans une aventure de François, Claude, Mick, Annie et Dagobert. Encore aujourd'hui je garde un souvenir très clair de c...

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Charlotte

David.
David Foenkinos.
Un nom que j'avais toujours fui jusqu'alors.
Un auteur moderne, trop commercial pour moi.
Mais ma s½ur de c½ur m'a incité à lui donner sa chance.
Avec Charlotte.
Charlotte Salomon, Charlotte l'artiste.
J'ai toujours aimé les romans historiques.
J'ai toujours été fascinée par la seconde guerre mondiale.
Et surtout, je voue une confiance aveugle à ma Galounette d'amour.
(sauf quand elle parle de littérature de l'imaginaire :p ).
Alors j'ai ouvert Charlotte.
Et je l'ai dévoré.
Ou dévorée.

Ce roman est un étrange contraste.
A la fois sombre et lumineux.
Comme son héroïne.
Il fait mal, mais tout en douceur.
Il crie la douleur, en chuchotant.

Les phrases courtes sont comme une mélodie.
Une mélodie primale, lancinante.
Comme le bruit des vagues.
Comme les battements du c½ur.
On entend un soupir à chaque fin de ligne.
Le soupir de Charlotte...Lire la suite...

La clé de Salomon

Si vous cherchez un bon thriller, alors passez votre chemin ! Mais en revanche, si vous vous intéressez à la physique quantique, si ses mystères vous rendent perplexes, si vous pensez (comme moi) que la théorie quantique n'est qu'un premier pas vers beaucoup plus grand, alors foncez vite acheter "La clé de Salomon" !

D'après ses propres dires, l'auteur - que j'ai eu la chance de rencontrer grâce à Babelio - utilise la fiction pour faire passer de façon plus digeste et attractive des vérités scientifiques et historiques. L'intrigue ici ne sert donc que de faire valoir aux théories de José Rodrigues Dos Santos. Et heureusement. Parce que l'aventure de Tomás (prononcez Tomache, il est portugais !) n'est vraiment pas haletante (contrairement à ce qu'annonce la 4ème de couverture). Les ficelles sont évidentes, les rebondissements dignes d'un bon Club des 5 ! C'est d'autant plus énervant que Tomás, qui explique...

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La couleur du lait

Il arrive parfois, sans qu’on sache pourquoi, qu’un coup de génie vous frappe à l’improviste. C’est certainement ce qui est arrivé à Nell Leyshon quand elle a décidé d’écrire « La couleur du lait ». En effet, si sur le fond ce roman est bon, ce qui le rend exceptionnel c’est bien sa forme.

je m'appelle mary. M.A.R.Y. ceci est mon livre. je l'écris de ma propre main.

Mary n’est pas uniquement la narratrice de sa propre histoire, elle en est aussi la rédactrice. Et pour une jeune fille en plein apprentissage de la lecture, c’est une réelle prouesse. Absence de majuscules, langage parlé et syntaxe approximative, ce qui serait inadmissible dans la copie d’un élève de CM2 donne ici toute sa force au témoignage. L’auteur réussit à nous faire oublier sa présence au profit de Mary. Avec sa patte folle et son franc-parler, son grand c½ur et son bon sens, difficile de ne pas s’attacher à ...

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