Mes citations

La séparation était le premier principe, et appliqué dans les workhouses de tout le pays de la façon la plus rigoureuse. On séparait les maris des femmes, les parents des enfants, les frères des s½urs. En général, ils ne se revoyaient jamais.

Avec la sagesse de mes vingt-trois ans, je me suis demandé comment il était possible qu'une fille de quatorze ou quinze ans puisse à ce point se laisser berner par un beau parleur sans scrupule. J'étais persuadée que cela ne me serait pas arrivé, à moi. Aujourd'hui, je n'en suis plus si sûre.

J'ai lu je ne sais où, dans un antique manuel d'instructions aux femmes assistant à l'accouchement, cette phrase : « Si l'accouchement dure pendant plus de dix à douze jours, il est conseillé de demander l'aide d'un médecin. »

En même temps, on assistait à une lutte de femmes convaincues et militantes, bien décidées à obtenir une formation sérieuse en obstétrique. [...] Ce qui semble avoir provoqué l'opposition des médecins, c'est l'idée que « les femmes cherchent trop à se mêler de tous les secteurs de la vie ». Les obstétriciens doutaient aussi des capacités intellectuelles des femmes à comprendre l'anatomie et la physiologie de l'accouchement, et ils laissaient entendre qu'il était donc impossible de les former.

Il y a des gens qui sont doués pour aborder les problèmes des autres, mais moi, non. En fait, plus l'interlocuteur manifeste d'émotion et plus je me paralyse.

On a estimé qu'au plus fort du travail, les contractions exercent la même pression que les portes du métro quand elles se ferment.

Autant il avait maudit jusqu'ici ses vies répétées, autant, à présent, il désirait désespérément continuer de vivre.

Un ami canadien m'avait écrit qu'il était « tombé en amour » d'une femme dès la première rencontre. Nous, nous sommes « tombé en fratrie ».

Même si le niveau de ses connaissances ne lui permettait pas de tout comprendre, le seul fait de tenir un livre entre ses mains, de caresser sa couverture, de promener ses yeux sur les lignes, de respirer l'odeur du papier et de l'encre d'imprimerie, de capter peu à peu des mots, puis le fil d'une histoire, lui procurait un bonheur indéfinissable.

Rien n'est triste tant que ce n'est pas terminé. Et quand ça l'est, tout l'est.

Peut-être parce qu’il lui arrive d’être si attentive aux désirs des autres (en particulier à ceux de ses parents) qu’elle perd de vue les siens, avant qu’ils ne reviennent en boomerang. Oui, c’est cela qui doit la rendre si difficile à suivre : cet aller-retour permanent entre les désirs des autres et les siens.

Récemment il lui est venu une drôle d’idée : s’il lui est impossible de se marier avec sa propre s½ur, il ne peut pas davantage divorcer d’elle.

On est si excessif à son âge, si encombré d’idéal.

[...] ils n’avaient ni le même tempérament, ni les mêmes goûts, ni les mêmes désirs. Pourtant, il était bien obligé de reconnaître que par des chemins différents, ils aboutissaient souvent au même endroit. Une force d’attraction secrète les faisait converger [...]

Nous avons tous été tués. Il y a si longtemps que nous l'avons oublié.

Toute ta vie, tu n'as écouté que les autres ; tes maîtres et tes gourous, tes chefs et tes démons qui te parlaient de guerre, de fiel et d'affronts. Tes oreilles en dégoulinent ; tes mains en tremblent.

A Kaboul, les joies ayant été rangées parmi les péchés capitaux, il devient inutile de chercher auprès d'une tierce personne un quelconque réconfort. Quel réconfort pourrait-on encore entretenir dans un monde chaotique, fait de brutalité et d’invraisemblance, saigné à blanc par un enchaînement de guerres d'une rare violence ; un monde déserté par ses saints patrons, livré aux bourreaux et aux corbeaux, et que les prières les plus ferventes semblent incapables de ramener à la raison.

Je n'avais aucune envie d'aider un gouvernement [américain] qui pendait des nazis les lundis, mardis et mercredis, et qui en recrutait dans ses services de renseignements les jeudis, vendredis et samedis.

En ces temps difficiles, le simple fait de survivre était une sorte d'exploit. Ça n'était pas quelque chose qui arrivait tout seul. Vivre en Allemagne nazie demandait un effort constant.

Mais n'est-ce pas exactement comme ça que Hitler a été élu ? A cause de tous ces gens qui se fichaient de savoir par qui serait dirigé le pays ?