Mes citations

Car il nous faut poursuive ce qui se trouve devant, et non derrière, ni ce que nous avons perdu. Nous devons saisir ce que nous sommes en mesure d'atteindre et nous accrocher, vite.

Elle se rappela aussi avoir lu quelque part que la seule langue au monde à posséder un mot pour désigner ces êtres, ces vies, était le roumain. Detlene : esprits errants de ces enfants perdus ou morts-nés. De ces enfants qui indéniablement, avait vécu, mais seulement dans le ventre de leur mère. [...] Quel étrange réconfort, alors, que la découverte de ce mot, ce mot qui précisément désignait ce qui réside dans le noyau de votre être, dans les allées les plus secrètes de votre c½ur.

Maeve la regarde. Ne la lâche pas des yeux. Si la petite était un liquide, Maeve la boirait ; si elle était un gaz, Maeve la respirerait ; si elle était une pilule, Maeve l'avalerait ; si elle était une robe, Maeve la porterait ; si elle était une assiette, Maeve la lécherait.

Claudette est obligée d'enfoncer son visage dans son matelas pour reprendre ses esprits, pour tolérer son propre poids, incapable de supporter ce sentiment d'être prisonnière, de supporter la futilité de ses fantasmes. Tout se passe comme si elle avait dessiné la porte entrouverte d'une cage, avait entrevu la possibilité d'une vie autre que la sienne, au-delà de la sienne, différente.

Elle est frappée par l'étrange dichotomie d'un ménage qui dure depuis un certain temps, qui fait que le conjoint paraît à la fois archiconnu et curieusement étranger.

En ce moment, il est devenu complètement celui qu'il est sensé être : un homme qui, dans sa cuisine, porte sa fille. Il pose la cuillère en bois, la casserole et enlace l'enfant. Il est submergé par... quoi ? Quelque chose de plus que l'amour, de plus fort que l'affection. Quelque chose de si puissant, de si primaire que ça ressemble à un instinct animal. Pour l'instant, il se dit que la seule façon d'exprimer ce qu'il ressent, c'est le cannibalisme. Oui, il a envie de manger sa fille, en commençant par les plis de son cou et en descendant sur la peau lisse, opalescente des bras.

Il se dit que demain, c'est loin demain. C'est dans tellement longtemps. C'est après le matin, après l'après-midi, après le soir, après la nuit. C'est dans des millions d'heures, demain.

Les plus dégourdis expliquèrent la plaisanterie aux plus abrutis ; et les abrutis expliquèrent aux plus stupides d'entre eux ce que c'est qu'une plaisanterie.

Je poussai la porte suivante, mais ne vis qu'un homme avec une grenouille qui émergeait de son crâne chauve et luisant.
— Ciel ! dis-je. Comment est-ce arrivé ?
— Ç'a commencé avec un simple bouton sur mon postérieur, répliqua la grenouille. Je peux vous aider ?
— Je cherche le Pr Plum.
— Il vous faut JusrisTech. Ici c'est Vieilles Blagues. Allez voir à côté.

« Une licorne, ce n'est pas pour la page vingt-sept, c'est pour l'éternité. »

Au fond, la lecture est un processus bien plus créatif et imaginatif que l'écriture : quand le lecteur invoque l'émotion, ou les couleurs du ciel au soleil couchant, le parfum de la brise d'été sur son visage, il mérite autant de considération que l'écrivain... voire plus.

Un livre, ça n'a l'air de rien, des mots sur une page, mais en réalité, il s'agit d'une technologie infiniment plus complexe qui traduit des gribouillis bizarres tracés à l'encre en images à l'intérieur de votre crâne. Actuellement, nous utilisons le système d'exploitation V8.3. Mais le Grand Central du Texte à l'intention de procéder bientôt à une mise à jour.

Bouffonnerie et tragédie, ces deux antithèses ne contenaient-elles pas en définitive toute l'humanité ?

Une femme élancée, aux épaules nues, qui le frôlait, lui apparut soudain comme la vivante statue de la déchéance, et le cavalier au bras duquel elle s'abandonnait, comme l'incarnation même de l'hypocrisie, dissimulant sous une correction banale et factice ses désirs brutaux, tel un lépreux qui cacherait aux regards ses plaies hideuses.

Certaines passions nous élèvent au point de faire de nous des héros ; d'autres au contraire nous précipitent jusqu'au tréfonds de la plus dégradante bestialité.

La naissance et la mort sont deux expériences qui ne se partagent pas. On naît seul, on meurt seul. Entre les deux, on se débrouille. Moi, entre les deux, j'ai eu la chance de te rencontrer, et même quand t'étais pas là, je me suis jamais senti seul. Parce que, en vrai, t'étais là.

[Anna] fait partie, avec José, de ces rares vieux machins que la vie m'a donné de rencontrer et qui étaient tellement généreux qu'ils me faisaient douter du principe de base selon lequel plus on est vieux moins on est jeune.

Essaie de ne jamais oublier tes rêves. La vie, les gens, tous essaieront de t’empêcher d’être libre. La liberté, c’est un boulot de tous les jours. Un boulot à plein temps.

[...] il avait beau être le plus voyou d'entre nous, ma parole, il m'est d'avis que c'était le plus triste tout au fond, et d'ailleurs c'est peut-être toujours comme ça, les voyous.

Plus le temps passe, plus j'ai l'impression de voir nos libertés s'abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, « pour son bien ». J'ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d'un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins. Quand je pense aux histoires que me racontait Papy Galo sur son enfance, des belles histoires de gosses aux genoux écorchés rouges, je me dis que ça pourrait plus arriver aujourd'hui, parce qu'il est devenu interdit de faire ci, interdit de faire ça, interdit d'aller ici, interdit d'aller là. Le passé, c'est comme un paradis perdu où tout était permis, tout était possible, et puis maintenant, plus rien.